Parlons émissions de gaz à effet de serre

Toujours dans l’optique d’expliquer au mieux et le plus simplement possible les problématiques énergie-climat, et plus particulièrement concernant les émissions de gaz à effet de serre, chiffres-carbone souhaite faire connaître un peu mieux les domaines émissifs et les types d’émissions.

Lors de nos recherches, nous avons découvert un site particulièrement intéressant : Climate Analysis Indicators Tools sur lequel on trouve ce genre de figure, que nous allons décrypter :

Émissions mondiales de gaz à effet de serre

Note : GHG est l’abréviation anglaise de GreenHouse Gases, l’équivalent de GES pour Gaz à Effet de Serre en français.

Parmi les secteurs qui émettent du CO2, électricité et production de chaleur en tête

Nous pouvons remarquer les différents domaines d’émissions sur la gauche du graphique :

  • En haut du podium, on trouve l’électricité et la production de chaleur avec près de 25%, soit un quart de la totalité des émissions.
  • En seconde position on trouve… Le changement d’utilisation des terres (Land Use Change) responsable de 18,3 % des émissions mondiales de GES. À titre d’exemple, on peut citer la déforestation qui à pour but de remplacer une parcelle de forêt (qui à la fois capte et stocke du CO2) par un champ pour cultiver des céréales. Fait notable, c’est dans cette catégorie que l’on trouve les seuls cas d’émissions négatives : la captation de carbone. Ceci se traduit soit par plantation d’arbre (boisement) et reforestation, soit par le principe de la photosynthèse (transformation de CO2 en oxygène).
  • Viennent en troisième position deux ex-æquo : le transport et l’agriculture, deux des « chevaux de bataille » de chiffres-carbone.fr. Il s’agit là de deux leviers sur lesquels il est possible d’agir facilement.

Le transport, surtout les voitures ?

On peut voir que le majorité des émissions de ce secteur concerne le transport routier (voitures, camions, motos, autobus…). On aurait tendance à penser qu’il faut essayer de réduire toutes les émissions imputables à ce poste, mais ça n’est pas forcément le cas.

D’une part il faut réduire les voyages par la route. Pour donner une idée, une grande partie des trajets sur route ne concernent pas le transport des personnes mais plutôt le fret de marchandises. Donc consommer local, c’est agir pour l’environnement. D’autre part, ce résultat peut être trompeur à cause du transport par avion. Il est dans ce graphique peu visible tout simplement parce moins de personnes utilise l’avion, celui-ci étant un luxe réservé aux pays industrialisés. Au final, la démocratisation de l’utilisation de la voiture place ce poste d’émission au premier plan (au niveau des transports) alors qu’il n’est pas forcément le plus émissif (pour vous en convaincre, voir notre calculette carbone ainsi que notre article concernant les moyens de transport).

L’agriculture c’est aussi du carbone

À propos de l’agriculture, on voit que la culture des sols est le principal poste d’émissions. Il faut rappeler un principe assez simple utilisé en comptabilité carbone : la culture des sols sert en grande partie à l’élevage du bétail. À titre d’exemple, 1 kg de viande de bœuf nécessite 7 kg de céréales, et 296 m² de surface au sol pour sa production. Cette première partie représente 6% des émissions du secteur.

Ensuite viennent les 5,1% liés aux Livestock & Manure : élevage et fumier. Ce poste d’émissions est plus évident : un animal a besoin de consommer soit de l’herbe (qui est au même titre qu’un arbre, une méthode de captation du carbone, même si moins efficace) soit des céréales. Il est donc « consommateur de carbone » car il faut produire et donc émettre en amont. Ainsi l’agriculture, et notamment la production de viande, est un poste très émetteur. Pour vous donner une idée et devenir consom’acteur, jetez un oeil à notre premier poster. Enfin, concernant le fumier, il émet du méthane qui est un gaz à effet de serre 21 fois plus puissant que le CO2, c’est pourquoi le fumier est un poste à ne pas négliger.

Les déchets représentent 3,6% des émissions mondiales, à quoi bon recycler alors ?

En ce qui concerne les déchets, la part est infime à l’échelle mondiale : 3,6% des émissions totales.

Cependant, il faut préciser que l’impact le plus significatif des déchets n’est pas les émissions de CO2, mais concerne plutôt la toxicité. De plus, l’impact en termes de CO2 est indirect, par exemple l’utilisation de matières recyclées permet l’économie de matières premières, et donc des émissions liées à l’extraction de ces matières premières. Et souvent l’extraction des matières premières (du pétrole pour les plastiques, de la bauxite pour l’aluminium) est très coûteuse en énergie. Plus coûteuse que la valorisation des déchets, via le recyclage, pour obtenir ce que l’on appelle de la matière première secondaire (matière recyclée utilisée à la place de matière première). En économisant de l’énergie grâce au recyclage, on évite donc des émission de CO2.

Au niveau des émissions, quelle part de CO2 ?

On peut voir sur la droite de ce schéma que le réchauffement climatique lié à l’activité humain est due à 77% aux émissions de CO2. Il en est la cause principale et la plus largement connue, ce qui explique pourquoi le kg équivalent CO2 a été créé.

Cependant ce n’est pas le seul gaz à effet de serre. Nous vous rappelons que les gaz à effet de serre n’ont pas tous le même impact ! En effet chaque gaz a un pouvoir de réchauffement qui lui est propre. Pour en savoir plus, rendez-vous sur notre article concernant le kg équivalent Carbone. On sait que par exemple l’héxafluorure de soufre (SF6) compte parmi les gaz à effet de serre les plus puissants (pour une même quantité, son pouvoir de réchauffement est plus de 20 000 fois plus élevé que pour le CO2).

Pour finir rappelons que ce schéma décrit les flux mondiaux et qu’à ce titre certaines variations existent par rapport aux émissions françaises. Mais il est toujours intéressant de se pencher sur les émissions mondiales, les gaz à effet de serre n’ayant pas de frontières…

 

Sources :

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